Un dimanche à St Rémy (version intégrale)

Il fait dimanche à Saint Rémy
Cette nuit je n’ai pas dormi,
c’était la fête dans le village,
il y a eu un peu de tangage.
Saint Rémy semble alors une île.
Sous un’e mer de brouillard émergent,
aux petits lointains clairs, la ville
et des naufragés sur ses berges.
Des conscrits en gueule de bois
flottent, coincés entre deux caisses.
En s’étayant par deux ou trois,
ils braill’ent et kronenbourqu’ent en Bresse.

Il fait dimanche à Saint Rémy sur rien
J’e n’attends personne et personne ne vient
Il fait dimanche

Il fait dimanche à Saint Rémy
Il fait un temps d’après-midi ;
j’ai arrangé un peu les plantes,
qu’e ça fass’e pas trop „maison à vendre“.
De bell’es- mamans, de beaux papas,
beaux gendres, filles ou vice-versa
feront quelques pas sûrement
voir les maisons des lotiss’ements.
Les gens pass’eront comme le temps
car le temps pass’, c’est son boulot.
Il n’a que ça à foutr’e, le temps,
et il le fait bien, le salaud.

Il fait dimanche à Saint Rémy sur rien
J’e n’attends personne et personne ne vient
Il fait dimanche

Il fait dimanche à Saint Rémy
C’est le soir et j’ai trop écrit ;
je suis crevé, je me relis :
c’est d’e la pâtée pour Marconi !
Je fais un petit tour de l’île,
envie de saborder mes rimes…
Il fait dimanche à Saint Rémy
et demain, demain… c’est poubelle !