De mon âge

Etr’e dans un tableau, accroché,
Colliour’e, sa plage et son clocher,
Ses remparts et son vin, sang-bleu !
Oui, il exist’e, c’est lui, c’est Dieu !
Ma chié’e d’orteils en éventail ;
La tramontane entre leurs failles…
Ah ! Et trousser l’eau bénit’e de cave
Avec un’e vieille de mon âge.

Fuyons la chaleur torride
Comme une mer rapetassée
Par chaque vagu’e, par chaque ride,
Nos deux peaux sont à repasser.
Car le soleil veut y voir clair
Entr’e chaque lam’e, chaqu’e pli de chair
Ah ! Bronzer à l’ombre sur la plage
Avec un’e vieille de mon âge.

Il faut tant d’anné’es pour apprendre,
Quand tout flambe, que rien ne presse.
Et tant d’années pour comprendre
Eh ! Que ça urge, oh ! Ma princesse !
Car quand la sagess’e prend de l’âge,
Ell’e dit de ne plus être sage…
Ah ! Philosopher marivaudage
Avec un’e vieille de mon âge.

Nos deux carcass’es sur les rotules :
Tout lâch’e ! Mais le coeur, ah ! Malheur !
Mon oreillett’e, ton ventricule
Ell’es peuvent tortiller le leur,
Les p’etit’es sirèn’es au bord du quai :
Ca empêch’e pas de reluquer !
Allez ! A notr’e santé, à leur naufrage !
Et viv’e la vieille de mon âge.