Martin Laturie

J’étais gai, bien trop gai,
Le sourir’ jusque là,
Du genre à intriguer :
« Qu’est-c’ qu’il a celui-là ?! »
Sur les conseils d’un sage
J’ai entrepris de lire
Le tout premier ouvrage
De Martin Laturie.

Ah ! le premier ouvrage
De Martin Laturie !
Vous en lisez une page

Et puis… Harakiri !

Le décrire est un leurre
Sinon par  métaphore :
Tel… un marin pêcheur…
Qui s’ noi’rait loin du port…

Il se f’rait bouloter
Pour un requin bec-fin,
Un de ces raffinés
Qui en laisse pour demain.

Ah ! le premier ouvrage
De Martin Laturie !
Vous en lisez une page

Et puis… Harakiri !

Barbot’rait le mat’lot
Dans un’ mer écarlate.
Son sang boudin’ bientôt ;
L’aurait froid, le cul-d’jatte !
Et puis notre  requin
R’viendrait pour le dessert ;
Lui resterait des mains,
La tête et des viscères.

Ah ! le premier ouvrage
De Martin Laturie !
Vous en lisez une page

Et puis… Harakiri !

Alors là, le marin,
Pour souffrir un peu moins,
Repens’rait au bouquin
De Laturie Martin,
Qu’il aurait, le matin,
Lu cul-sec, « Ouah ! Putain ! »
Il dirait : « final’ment,
Je vais bien… moral’ment ! »

Ah ! le premier ouvrage
De Martin Laturie !
Vous en lisez une page

Et puis… Harakiri !

Se dirait encore vif
Que le pire carnage
Est somm’ tout’ relatif
Face à un tel ouvrage !
« Des globul’s aux nez rouges :
C’est un clown, ce marin ! »
S’dirait l’ requin en bouf-
– Fant l’rest’ du boute-en-train !

Ah ! le premier ouvrage
De Martin Laturie !
Vous en lisez une page

Et puis… Harakiri !

Frèr’s humains qui m’oyez !
Eloignez vos magnums
De vos temp’s et ôtez
Ces sabr’s de vos sternums.
D’la gaîté, cett’ gangrène,
Vous en êtes guéri ;
Avant d’ouvrir vos veines
Ecoutez,  je vous prie…

Ah, le dernier Prevel
En CD,  sapristi !
M’en direz des nouvelles

Et puis…

(C’est pas dit qu’on en vende beaucoup…)

Paroles : Dominique Prevel
Musique : Patrice Jania